Wi-Fi public, VPN, Tor : le guide pour comprendre et choisir le bon outil
En moins d’une heure, vous saurez reconnaître un risque lié au Wi-Fi public, vous aurez installé et testé un VPN fiable, vous saurez dans quels cas précis Tor a un intérêt, et vous aurez compris chaque outil pour ne plus hésiter.
Pourquoi c’est important :
- Sur un Wi-Fi public, un tiers peut intercepter du trafic non chiffré ; la CNIL recommande d’éviter d’y transmettre des données personnelles et, à défaut, d’utiliser HTTPS et un VPN.
- Un VPN chiffre votre connexion et masque votre IP aux sites visités, mais il déplace la visibilité de votre trafic vers un nouvel acteur : le fournisseur VPN lui-même — d’où l’importance de bien le choisir.
- Tor va plus loin en répartissant la confiance entre plusieurs relais bénévoles plutôt qu’un seul fournisseur, mais ce circuit à plusieurs nœuds ralentit nettement la navigation et n’offre pas un anonymat aussi complet qu’on l’imagine parfois, notamment face à des services de renseignement déterminés.
Étape 1 : les bons réflexes sur Wi-Fi public (10 min)

Quand vous êtes sur un réseau Wi-Fi public (café, hôtel, aéroport, dans une moindre mesure box internet d’une location de vacances) :
- Vérifiez le nom exact du réseau wifi plutôt que de vous fier à ce qui s’affiche. Ça évite de se connecter par erreur au WiFi « MacDo » créé par un hacker qui attend gentiment de récupérer vos données.
- Ne renseignez pas d’informations personnelles inutiles sur un portail d’accès Wi-Fi.
- Préférez le réseau 4G/5G de votre opérateur quand c’est possible ; sinon, restez sur des sites en HTTPS et activez un VPN.
- Désactivez la connexion automatique aux réseaux Wi-Fi inconnus.
Étape 2 : installez et testez un VPN fiable (15 à 20 min)
Un VPN crée un tunnel chiffré entre votre appareil et un serveur intermédiaire : il masque votre trafic au réseau local et à votre opérateur, et masque votre IP réelle aux sites visités.

Ce qu’il ne fait pas : il ne remplace ni antivirus ni bon mot de passe, et un service gratuit se finance souvent en exploitant vos données.
Les critères de choix que je considère importants :
- Optez pour un service payant plutôt que gratuit : la CNIL recommande elle-même un VPN payant, ou un VPN installé soi-même sur sa propre connexion.
- Politique “no-log” auditée par un tiers indépendant. Ce n’est pas vérifiable à 100%, mais il faut tenter de s’en approcher.
- Le VPN doit disposer d’un « Kill switch » : ça veut dire qu’il « coupe internet » si le VPN se déconnecte.
Installez votre VPN sur smartphone et ordinateur, vérifiez que votre IP change une fois connecté et activez le kill switch.
Je vous précise quand même qu’aucun VPN ne rend “anonyme” au sens strict : le fournisseur voit toujours votre trafic à un moment donné. Le classement ci-dessous (qui n’est que le mien hein 🤓) se base sur des critères structurels vérifiables : pas d’email/identité requise à l’inscription, paiement anonyme possible, audits indépendants publics, et juridiction.
1 – IVPN : plus petit acteur que j’ai tendance à encourager
Il y a un combo d’arguments chocs que j’aime bien avec celui là : pas de programme d’affiliation (pour éviter les faux comparatifs sponsorisés à la NordVPN), applications open source et audits publiés. Une transparence appréciable !

Inscription sans email, identifiant de compte anonyme. Basé à Gibraltar. Il accepte Monero, Bitcoin et même les espèces, sans jamais demander d’adresse email ou d’information personnelle.
J’aime bien chez eux le multi-hop (double bond via deux serveurs) et le maintien d’un débit énorme, ce qui n’est pas toujours le cas chez la concurrence.
Voici le résultat du test de débit chez moi avec de toute façon une connexion qui habituellement plafonne à 800 mbps. Le ping est très bon aussi :

Au niveau du prix, comptez environ 6€/mois, ou 60€/an, à vérifier sur le site officiel : https://www.ivpn.net/en/pricing/
2 – Mullvad : le plus abouti sur l’anonymat structurel
Comme IVPN, Mullvad permet une inscription sans email : un numéro de compte à 16 chiffres généré aléatoirement, aucune identité requise. Paiement en espèces (envoi par courrier) ou en cryptomonnaies (Bitcoin, Monero), en plus des moyens classiques.
Il a subi 18 audits indépendants menés depuis 2017, notamment par Cure53 et Assured Security Consultants, sans faille majeure relevée. Basé en Suède, donc dans l’alliance “14 Eyes” (partage de renseignement), c’est le seul vrai bémol côté juridiction mais je pars du principe qu’un VPN ne vise pas à l’anonymat pur, plutôt à la sécurisation de votre connexion dans certains contextes.
Pour les sousous, 💰 tarif unique de 5 €/mois, quelle que soit la durée d’engagement, sans hausse au renouvellement.
Site officiel : https://mullvad.net
3 – ProtonVPN : le plus sérieux si vous voulez aussi du confort
Pour celui-ci, un email est requis à l’inscription (donc moins anonyme que Mullvad/IVPN), mais politique no-log vérifiée quatre années consécutives par l’auditeur indépendant Securitum, rapports publics téléchargeables.
Ce prestataire de VPN est sous juridiction suisse (comme ProtonMail que j’utilise à l’occasion), réputée protectrice pour les données personnelles. Il propose comme ses concurrents des applications open source sur toutes les plateformes.
L’offre gratuite est réellement utilisable et sérieuse, sans carte bancaire. Je l’utilise en secours quand mon abonnement à un autre VPN a expiré.
Prix : gratuit disponible ; abonnement Plus à partir de 2,99 €/mois en engagement 2 ans, jusqu’à 9,99 €/mois sans engagement. Site officiel : https://protonvpn.com
4 – Les autres
J’ai tendance à déconseiller les “gros” VPN grand public (NordVPN, ExpressVPN, Surfshark) : ils sont audités et souvent no-log, mais ils sont structurellement moins anonymes et leur politique de pub/liens affiliés intensive est assez puante. Pas moyen de trouver un avis « objectif » sur le net.
Email obligatoire, pas de paiement en espèces, marketing agressif. Je les considère juste corrects pour la sécurité générale (streaming, wifi public), mauvais pour l’anonymat maximal.
Franchement, autant prendre la solution gratuite ProtoVPN
Étape 3 : découvrez Tor et ses cas d’usage précis (10 à 15 min)
Tor (The Onion Router) fait transiter votre trafic à travers un réseau mondial d’au moins trois nœuds bénévoles, avec un chiffrement en plusieurs couches (comme la peau d’un oignon) : aucun nœud ne connaît à la fois l’origine et la destination complètes de vos données.

Ses forces : utile pour échapper à la surveillance d’un opérateur, d’un gouvernement ou d’annonceurs, et largement utilisé par des journalistes et des personnes vivant sous régime de censure.
Faites gaffe quand même, il a ses limites, à connaître avant de l’installer :
- La navigation est nettement plus lente qu’avec un VPN classique. Mais genre, beaucoup plus lente !
- Les nœuds étant gérés par des bénévoles, il existe un risque de relais malveillants cherchant à intercepter du trafic.
- Rester connecté à vos comptes personnels (email, réseaux sociaux) pendant une session Tor annule une bonne partie de l’anonymat recherché.
Pour tester : téléchargez Tor Browser depuis le site officiel du projet Tor, et réservez-le à un usage ponctuel plutôt qu’à votre navigation quotidienne.
Étape 4 : le bon outil selon la situation (5–10 min)
Notez cette règle de décision :
- Achats, banque, réseaux sociaux sur Wi-Fi public → VPN réputé obligatoire + vérifier le HTTPS.
- Navigation quotidienne à la maison → pas d’outil spécifique nécessaire, vos bonnes pratiques habituelles suffisent (mots de passe uniques, 2FA).
- Recherche ponctuelle où vous ne voulez même pas que votre opérateur sache quel site vous avez visité (sujet sensible, protection de source, contournement de censure) → Tor, en acceptant la lenteur et le risque d’interception de vos données.
- Doute entre les deux → le VPN couvre 95 % des besoins du quotidien ; gardez Tor “en réserve” pour les cas vraiment spécifiques.
☑️La to-do list du jour
- 😉Facile : installez un VPN payant et activez-le sur tout Wi-Fi public, comme le recommande la CNIL.
- 🧐Intermédiaire : ajoutez le kill switch, testez Tor Browser une fois pour vous familiariser avec son fonctionnement.
- 😰Avancé : comprenez la différence structurelle entre VPN et TOR : le VPN concentre la confiance sur un seul fournisseur, Tor la distribue entre plusieurs nœuds bénévoles et combinez-les (Tor via VPN) en connaissance de cause pour les usages les plus sensibles.
À éviter / À faire à la place
❌ utiliser Tor pour la navigation quotidienne (streaming, réseaux sociaux, achats). ✅ réserver Tor aux cas où l’anonymat prime clairement sur le confort et la vitesse.
❌croire qu’un VPN garantit un anonymat total. ✅ choisir un fournisseur payant et audité, en gardant en tête qu’il voit techniquement votre trafic.
❌rester sur un Wi-Fi public sans rien activer, “juste pour deux minutes”. ✅ suivre le réflexe HTTPS + VPN recommandé par la CNIL, même pour une consultation rapide.
Check-list
- J’ai un VPN payant installé et testé sur mon smartphone et mon ordinateur.
- J’applique les réflexes « Wi-Fi public » de la CNIL (nom du réseau vérifié, HTTPS, VPN).
- J’ai identifié Tor comme outil “en réserve” et testé Tor Browser au moins une fois.
- J’ai compris quel outil utiliser pour quelle situation.
Précédemment au programme
Au 📅Jour 6, on a travaillé sur la boîte mail : sécurisation et méthode pour éviter les spams et le traçage.
Et si vous avez loupé la reste de la série, rendez vous au sommaire de la série « vie privée et sécurité sur internet en 7 jours ».


