
Il y a des jeux qui vous donnent envie de poser la manette pour simplement regarder. C’est le cas de Mixtape qui a d’ailleurs un excellent potentiel de stream. Le souci, c’est que c’est à la fois son plus grand charme et son principal défaut !
Développé par Beethoven & Dinosaur et publié par Annapurna Interactive, Mixtape nous plonge dans la peau de Stacy Rockford, une lycéenne passionnée de musique qui s’apprête à quitter sa ville pour New York.
Avant de partir, elle a préparé une cassette parfaite (mixtape / compil) pour accompagner une dernière journée avec ses amis Van et Cassandra. Mais tout ne se passe pas exactement comme prévu.

Vous me connaissez, je suis un petit joueur et les 4 heures de durée de vie du jeu étaient parfaites pour mon profil de gamer ! En jeu court, j’avais d’ailleurs adoré A short Hike ou encore Dordogne, qui avaient tous les deux des parti-pris artistiques osés.
Mixtape : une nostalgie sincère et maîtrisée
En trois à quatre heures à peine, le jeu déroule un récit ancré dans les années 90. Les personnages parlent vrai : ni trop argotiques, ni trop lisses. Stacy et ses amis ont cette intelligence adolescente que les adultes sous-estiment systématiquement. C’est remarquablement bien transcrit et touchant et les personnage secondaires apportent une crédibilité à l’ensemble.
La bande-son est superbe, l’écriture est fine. La direction artistique, portée par des séquences oniriques où la réalité se fragmente, est brillante. Quand Stacy dérive dans un monde monochrome après une trahison, ou quand les tribunes d’un stade s’animent, Mixtape touche à quelque chose de rare dans le jeu vidéo. C’est bien un art à part entière.

Et ce sont ces séquences « cinéma » qui en font la force. Vous voyez où je veux en venir ?
On est face à un jeu vidéo qui est une longue cinématique et fait ça super bien. Mais justement les séquences de jeu ne plairont pas à tout le monde…
Un jeu qui se perd… à son propre jeu !
Le souci dans Mixtape, c’est donc le… jeu vidéo et l’interaction : on oscille entre des interludes interactifs (balayage de feuilles dans des cercles dessinés au sol, déplacements de canapé chaotiques) et recherche de séquences et objets dans divers lieux.
Ces coupures QTE simplistes ou séquences de « liberté trop scriptée » enrichissent peu le récit et ça vous sort même souvent de l’immersion des premiers instants.

Cette première séquence de Skate filmée au ras du sol m’avait pourtant totalement embarqué. Dommage…

Sur les quatre heures que dure l’expérience, j’ai en mémoire trois moments seulement où l’interactivité renforce sincèrement l’émotion de la scène.
Ces séquences semblent décorrélées de la puissance narrative que le jeu offre par ailleurs, avec brio soit-dit en passant. Pire, certains mini-jeux, trop scriptés, sabotent les scènes qu’ils sont censés illustrer. Rater à répétition l’épreuve de softball (oui, je sais je suis mauvais) inverse complètement l’effet narratif voulu.
Il reste, malgré tout, une œuvre sincère et attachante. Si vous cherchez une bulle de nostalgie des années 90, une écriture soignée et une bande-son impeccable, Mixtape vous offrira exactement ça. Mais pas plus et c’est bien le problème.

Le jeu vidéo Mixtape, c’est une bande-son proche de la perfection, une réalisation sublime mais un gameplay auquel je n’ai pas accroché.
Allez, restez quand même jusqu’à la fin, juste pour écouter du Iggy Pop à fond sur une enceinte crachotante, en filmant avec un vieux camescope !



