Critique de Gorillaz – Plastic Beach (par Syphiss)

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J'ai rédigé il y a 3 jours ma chronique de l'album Plastic Beach de Gorillaz, album qui a reçu très peu de critiques thuriféraires et s'est surtout attiré les ires de la communauté musicale. Syphiss m'a gentiment envoyé sa critique de l'album et je vous la livre, immaculée :

Nicolas nous a écrit il y a peu un article très entraînant sur le tout nouvel album de Gorillaz. Avec son autorisation voici mon avis sur ce dernier, bien moins positif. Tout d'abord je vais vous donner mon avis sur le groupe, ceci permettra de comprendre les commentaires à venir. J'ai découvert Gorillaz par le biais d'un ami, et plus précisément d'une phrase, une seule :

«  O green world,
Don't desert me now
Bring me back to fallen town
Where someone is still alive. »

Inutile d'êtrelittéraire, d'être chanteur, d'être compositeur pour comprendre que ça, ça c'est de la poésie. Sans doute l'une des plus belles paroles jamais écrites. Alors j'ai écouté la chanson, puis l'album et finalement, tous les autres albums de Gorillaz. Ils en ont pas mal à leur actif, beaucoup sont des B-sides, des C-sides et même des D-sides avec des reprises, des mix et parfois quelques inédits.

Mais sur leurs véritables albums on retrouve des perles : Clint Eastwood, Feel Good Inc., Oh Green World, Dracula. C'est avec ce genre de chanson qu'on se forme l'oreille musicale, qu'on découvre un univers nouveau, entier et magique.

Ce qu'il y a de magnifique avec Gorillaz c'est que rien ni personne ne leur ressemble. Ou si peut-être The Good The Bad and The Queen mais ça ne compte pas vraiment puisqu'il s'agit d'un groupe créé par le chanteur de Gorillaz : Damon Albarn. Il est donc normal qu'on retrouve la patte de Gorillaz dans ce groupe, qui par ailleurs dispose d'un album éponyme sublime.

Donc Gorillaz a su se forger son style propre, un mélange de rap, de techno, de soul et de funk avec une pointe de pop/rock.

Je ne suis un grand fan mais j'adore, donc j'en suis fan. On peut dire, je crois… Je pourrais écouter en boucle certains titres, très peu pourtant.

Une autre chose que je trouve romantique avec Gorillaz c'est ce plaisir qu'ils ont à écrire des chansons sur mes acteurs préférés : Clint Eastwood et Bill Murray. Généralement, les titres ont peu à voir avec l'acteur mais c'est géant de créer une chanson juste pour eux !

Et pour finir sur mon expérience Gorillaz, je dirais que j'apprécie tout particulièrement cette capacité qu'ils ont à alterner des mélodies douces et des refrains entraînants. C'est rare.

 

J'en viens maintenant au sujet de l'article : le nouvel album Plastic Beach.

Avant même d'écouter l'album j'ai pu voir le clip du titre Stylo sur YouTube et j'ai été enchanté ! La chanson est cool, du bon niveau, et y'avait Bruce Willis dans le titre. En revanche j'ai été dégouté de voir que l'animation du groupe avait disparu au profit d'une modélisation 3D plus réaliste. Du coup, avec ce titre je me suis dit qu'on tenait bien là un très bon album. Du lourd puissance violent d'chez Gorillaz…j'étais loin de me douter qu'il s'agissait d'un de leur meilleur titre de l'album… :-(

Je ne vais pas passer sur l'aspect lyrique, je ne m'attarde jamais sur les paroles et je préfère me concentrer sur le côté musical. Et Nicolas en a déjà parlé.

Comme il l'a aussi dit, le casting de l'album fait penser à une putain de production Hollywoodienne du style Valentine's Day : une pléiade (youhouh c'est la seconde fois de la journée que j'arrive à caser ce mot sur le web !) de poids lourd de l'industrie musicale. Ok sur ce point j'étais mitigé déjà, réunir autant de musiciens issus de milieux totalement différents (du rock au rap) c'est dangereux, surtout des musiciens aussi établis dans leur métier (Snoop Dogg, des membres de The Clash).

Et c'est là que tout foire !

L'album débute par une introduction à la Tchaïkovsky puis se finit par un rap nul pour Gorillaz. Y'a vraiment pas d'autres mots ! Merde c'est l'album de Gorillaz, leur troisième vrai album, et c'est Snoop Dogg qui se charge d'introduire tout ça. J'aime ce mec, pas vraiment ses chansons mais le personnage…et il a rien à faire avec Gorillaz…

Et ça continue tout l'album. Sur 16 titres Gorillaz n'en a fait personnellement que 4 ! Ca coule, ça coule et on atteindra jamais la plage promise…

Alors pourquoi l'album est mauvais ?

Tout simplement parce que ce n'est pas un album de Gorillaz. Là où chaque acteur aurait pu apporter une touche personnelle pour améliorer la musique du groupe, ils FONT l'album. Et on reconnaît chaque musicien : la patte de Snoop Dogg, la patte de Lou Reed, la patte de Mos Def, etc… Mais nulle part celle de Gorillaz. J'ai encore du mal à digérer le fait que Damon Albarn ait laissé son groupe se faire dévorer par eux. Gorillaz avait un style unique, qu'on l'aime ou non, on pouvait le reconnaître aisément et Plastic Beach est l'album de Gorillaz dans lequel Gorillaz ne joue pas.

Je n'ai retenu que 4 chansons : Rhinestone Eyes (parce que c'est un peu du Gorillaz), Superfast Jellyfish (avec la patte de DeLa Soul à qui JE dois Feel Good Inc.), Empire Ants et Some Kind of Nature (merci Lou Reed).

Pour un album que j'attendais vraiment comme l'OVNI musical de l'année 2010 j'ai été déçu. J'ai même zappé des chansons, ce que je ne fais jamais quand j'écoute un album pour la première fois. Par contre, je reconnais que c'est un bon album de mix et remix (carrément) et adapté pour les remix. Mais ce n'est pas le style de Gorillaz…

[Chronique rédigée intégralement par @Syphiss (Checkez son twitter)]


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Commentaires : 6

  1. Syphiss 4 mars 2010 - 17:33 Reply

    Merci pour la mise en ligne.

  2. Nicolas 4 mars 2010 - 17:40 Reply

    Et merci pour ta critique complète, ça tient la route !

  3. Crow' 4 mars 2010 - 17:55 Reply

    Vous n’avez pas répondu à la question que vous vous posez vous même, pourquoi est-il mauvais? Parce qu’on peut reconnaitre chacun des artistes en Feat. ? Mais qu’est-ce que c’est que ce raisonnement ??!
    Et vous critiquez le talent incroyable de Gorillaz qu’est le renouvellement, vous dites qu’on ne reconnait pas Gorillaz, mais lors de la sortie de Demon Days, ne vous êtes vous pas dit la même chose?
    Pour ma part, j’ai trouvé l’album décevant à la première écoute, mais la seconde m’a révélée un magnifique album digne de Gorillaz.

    Le style évolue, on aime ou on aime pas, mais une chose est sur, ils ont bel et bien créer l’OVNI, non ?

  4. Nicolas 4 mars 2010 - 18:40 Reply

    Salut,
    Je ne qualifierais pas cet album de magnifique mais il est novateur et c’est justement ce qui me plait (voir ma critique). Et chacun a ses raisonnement, un peu de tolérance que diable :D

  5. Crow' 4 mars 2010 - 18:52 Reply

    Oups, désolé d’avoir été aussi sec… C’est que j’aime pas que l’on critique mon groupe favori GRRR :D

  6. Syphiss 5 mars 2010 - 13:22 Reply

    @Crow : Si j’ai répondu : « Alors pourquoi l’album est mauvais ?
    Tout simplement parce que ce n’est pas un album de Gorillaz.
    + je reconnais que c’est un bon album de mix et remix (carrément) et adapté pour les remix. Mais ce n’est pas le style de Gorillaz… »
    Il y a donc bien les réponses à la question dans l’article. Je pense qu’un album d’un groupe doit appartenir au groupe et non à une communauté d’artistes, ou dans ce cas on le dit clairement.
    Et lors de la sortie de Demon Days on retrouvait le style de Gorillaz, plus mûr, plus mâture mais c’était du Gorillaz. A la limite les morceaux inédits de l’album Laïka étaient aussi expérimentaux, mais on entendait Gorillaz.

    J’adore aussi Gorillaz, vraiment. Mais l’album non. Attendre aussi longtemps pour ça, c’est dommage.

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